Ce furent les hurlements de terreur de Zoey qui nous réveillèrent.
Elle s’était recroquevillée dans un coin de la pièce où nous dormions tous, la tête dans les bras, le corps encore secoué de soubresauts. Dehors le jour venait de se lever.
Je me levai pour me placer à côté d’elle, espérant que ma présence serait réconfortante.
« Là, c’est fini… Ce n’était qu’un cauchemar. »
Elle leva la tête vers moi, me jetant un regard empli de détresse et de larmes.
« Ils étaient là !! Sur moi, partout ! Ils me mordaient avec leurs petites dents acérées ! …C’est… C’est toi Bill ?
-Non… Bill est mort, tu le sais.
-Pardonne-moi Rick, mais il me manque tellement ! Je me demande parfois pourquoi nous faisons cela…
-Je sais, moi aussi je m’interroge parfois. Mais Bill s’est sacrifié pour nous, nous lui devons bien ça. »
Pendant ce temps, Louis et Francis étiraient leurs muscles encore noués par le sommeil, préférant nous laisser seuls.
« Qu’est ce qu’on a au ptit dej’ ce matin ?
-Cassoulet Francis, tu le sais.
-Putain, je hais le cassoulet. »
Comme tous les matins, nous prîmes notre ration de cassoulet en silence, savourant comme toujours cette absence de bruit si agréable.
Nous ne LES entendions pas.
Je crois que dans tout ce merdier, ce qui allait me rendre fou, c’était leur bruit…leurs cris, leur façon de ronger nos os… Leurs petits gémissements…
Nous étions tous fatigués, las de nous battre, de fuir pour survivre.
La voix de Francis déchira alors ce subtil moment de paix.
« C’était notre dernière boite de cassoulet les gars. Va falloir qu’on bouge
-Tu veux qu’on sorte ? Mais t’es malade ?! S’écria Zoey d’une voix brisée par l’appréhension.
-C’est ça ou on fait comme ces saloperies et on se bouffe entre nous. »
Pendant quelques secondes nous regardâmes tous dans nos assiettes, espérant sans doute que quelqu’un proposerait autre chose.
Mais il fallait se rendre à l’évidence, Francis avait raison.
« J’ai entendu dire qu’il y avait un bateau vers Riverside, intervint Louis.
-Comment tu sais ça, ça fait des jours qu’on a croisé personne.
-Heu ben…
-Chut ! Ecoutez… »
J’avais entendu un bruit, et alors que je priais de tout mon être pour avoir rêvé, il se produisit encore… L’une de ces horribles choses était en train de gratter la porte barricadée de ses griffes. Puis deux, puis trois… Très vite il fut impossible de les dénombrer.
« Ils nous ont trouvés…
-Il faut partir au plus vite. »
Tous, nous savions ce que cela impliquait. Francis le premier se saisit de son arme, un fusil à pompe usé, et se dirigea vers la porte.
« Pas question que je me fasse avoir ! »
Il tira quelques coups, ce qui allait sans doute finir de prévenir et attirer le reste des monstres traînant dans les environs. Je me plaçai derrière lui, muni de mon uzi, et je les vis.
Castorz §§§
Va pour Riverside alors…
« Deux secondes je finis de chier et j’arrive, dit Louis d’une voix poussive. »